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Josiane, son chemin spirituel

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Le départ


Nous sommes en 1985, Josiane à 22 ans, elle décide de partir avec sa meilleure amie pour une année sur les routes d’Amérique latine. Sac à dos, l’aventure, le cœur grand ouvert pour cueillir ces promesses de l’instant. Le projet initial est de partir en Nouvelle-Zélande, mais le budget est trop élevé pour leurs bourses et à Mexico City quelqu’un peut les recevoir gratuitement. Elles n’hésitent pas une seconde.


En arrivant au Mexique, Josiane a tout de suite cette impression de revenir à la maison. Comme si elle a vécu ici dans une autre vie. Vous savez ce genre de sentiments que l’on arrive pas à expliquer, mais qui est très profond et ancré. Les temples, les ruines, « les endroits sont magiques », il y a une énergie très spéciale à laquelle elle se sent immédiatement connectée. Elle veut aller partout, découvrir le peuple et surtout la culture indigène. La musique, la nourriture, la chaleur humaine, leur accueil, ils savent vivre ces gens-là. Sur la route, dans les bus, en marchant, elle a beaucoup de sensations de « déjà vu ». Elle est émerveillée comme on peut l’être en voyage, mais avec un sentiment encore plus fort, celui de l’appartenance. Les premières semaines elles sont dans une famille d’accueil, elles dorment par terre dans le salon avec juste un sac de couchage. Josiane a vite compris que dans ce pays on ne se complique pas la vie comme en Suisse.


Un autre monde


Trois mois au Mexique avec des images et des souvenirs plein les yeux, plein le cœur. Elle se rappelle particulièrement de ce moment où elles étaient arrivées dans les montagnes et qu’elles ont vu les premiers indiens. « On était dans une vieille voiture américaine, il y avait de la brume et je me suis dit, là, on est vraiment dans les Andes ». Elles n’y étaient pas encore dans les faits, mais c’était comme si. Yucatán, Tulum avec ses ruines sur la plage, Wahaca avec tous les mayas, des gens incroyables. Puis le Guatemala, haut en couleurs, Tikal, les pyramides, leurs tissus, les lacs, les volcans. « Les gens sont d’une gentillesse, souriants, tout le monde discute ». Voyager avec des poules, des enfants, du bruit partout, de la musique dans les bus, avec et comme les locaux, la vraie immersion.


Après un passage en Costa Rica, à Panama, nous voilà en Équateur. « Tous les autres voyageurs nous parlent de ce pays, que c’est joli, tranquille et pas cher, avec un sucre (la monnaie de l’époque) tu peux t’acheter vingt bananes ». Elles ont soif de découvrir et cette envie folle d’arriver dans les Andes. « En arrivant à Quito, je me rappellerai toujours du Cotopaxi rose, un spectacle ». Devant tant de beauté, elle nous confie qu’elle avait envie de se prosterner devant la terre, la Pacha mama comme on l’appelle ici. Elles logeaient dans le vieux Quito et ce soir là le président avait été séquestré. On leur a dit que c’était tranquille, rien de grave ! Un autre monde.


Elles continuent leur route direction Otavalo. Les images qui lui viennent: la sortie de l’école, en voyant les petits indiens, indiennes avec leurs tresses, leurs beaux visages, tous en uniforme. Une petite ville avec beaucoup de charme, des petits restaurants avec la cuisine locale, des peñas où ils jouaient la musique Andine. Et le marché, ses couleurs, ses tissus, les artisans, les hippies, juste magnifique.


Il y a eu ensuite la Colombie, le Pérou, la Bolivie puis le Brésil avant de retourner toute seule cette fois en Equateur. Josiane a passé un mois avec des amis à Otavalo, puis son amie l’a rejoint avant de retourner à Mexico pour prendre l’avion qui les ramenait à la maison.


Le retour en Suisse


En rentrant en Suisse elle s’est rendu compte qu’elle ne voulait plus y vivre. Elle était contente de retrouver sa famille, d’avoir un pied à terre, « L’être humain a besoin de stabilité, ça me manquait dans le voyage ». Elle nous raconte son expérience dans le train : « Je vois toujours le contrôleur avec son bel uniforme et sa sacoche, tout poli, tout le monde est tranquille et parfait, pas un bruit, chacun dans son journal, je me suis dis non, ici je ne reste pas ».


Il n’a pas fallu longtemps pour que Josiane décide de repartir en Amérique du Sud. Direction Bagota cette fois-ci, Une opportunité de travail pour l’ambassade suisse la ramenait sur son continent de cœur. Celui-ci lui plaît moyennement, un salaire suisse, des habitudes suisses et une manière de vivre qui ressemblait étrangement à ce qu’elle ne voulait surtout pas retrouver. « Au fond de moi, je voulais vivre comme les gens d’ici ».


Rencontre avec Eduardo


Le 21 Juin 1988 à Otavalo en Équateur, durant la fête du soleil qui est la plus importante ici, elle rencontre Eduardo. De la musique, des danses en cercles, on se retrouve dans les maisons, une ambiance vraiment particulière. Puis cette rencontre avec celui qui quelques années plus tard deviendra le père de ses enfants et son mari. Une histoire d’amour qui a duré vingt ans et qui a donné naissance à deux filles, Indira et Liclla. Cette même histoire a donné naissance également à différentes entreprises dont une Casa Hacienda, un hôtel dans une grande propriété. Elle se dévoue totalement à ce projet, investit son argent et son temps pour le mener à bien. C’est une réussite mais Josiane sent toujours qu’il lui manque quelque chose.


Ayahuasca


Elle commence à entendre parler de l’Ayahuasca, et un jour des amis veulent organiser une cérémonie dans sa propre maison et lui demande si elle pourrait accueillir la fille du Che Guevara qui voudrait participer également à cette expérience. Au moment où le chaman a proposé au gens de prendre la plante, Josiane dis "oui, moi je veux !". Ce fut une expérience incroyable pour elle, surtout l’ambiance avec l’harmonica, les chants et les rituels du chaman lors du nettoyage des âmes avec des herbes. Elle nous confie qu’elle n’avait pas vraiment fait d’hallucinations pour sa première séance, mais qu’elle voyait les fils électriques différemment et des lumières un peu particulières autour d’elle. Le lendemain, elle avait l’impression de flotter, mais aussi un changement de perceptions. Elle avait eu durant la nuit des flashs, et aux travers de ceux-ci, un message très clair lui est apparu. Josiane se rend compte que son âme s’était vraiment ouverte à ce moment, même si elle ne comprenait pas ce qui se passait. “ Depuis ce jour là, j’ai commencé à participer de manière régulière à des cérémonies de chamanisme, travailler également avec Giovanni, un grand maître chaman.”


Un chemin spirituel


Puis elle se met à organiser des tours chamaniques et propose cette activité avec la Casa Hacienda. Elle dit avoir fait vraiment beaucoup dans cette période, et ne comprend pas comment elle gérait tout ça. L’envie était au rendez-vous et une nouvelle porte s’ouvrait pour Josiane, le début d’un grand virage ?


Une rencontre avec des filles suisses qui lui ont fait découvrir le reiki, une manchette de journal avec une annonce d’un festival de Kundalini Yoga auquel elle participera. Différents messages de l’univers qui l’ont amené sur un autre chemin, plus spirituel. Elle quitte son mari, se lance corps et âme dans cette discipline du Kundalini Yoga. Elle fait la rencontre de Guru Roop et depuis onze ans n’a jamais arrêté de pratiquer. Aujourd’hui elle donne des cours de Yogo, fait des thérapies holistiques, à domicile mais aussi à distance. Chaque matin, elle pratique la méditation, les chants et d’autres rituels pour rencontrer son soi profond, se connecter à son âme et guérir par l’amour. Être avec elle et vivre dans sa maison a été un vrai cadeau, une invitation au retour à soi.


Je suis tellement reconnaissant d’avoir pu te rencontrer sur ma route Josiane. Quelle belle manière de terminer cette aventure de La Route de Soi. Dehors, face à cette crise sanitaire, avec la peur qui domine, le chaos social et cette incertitude de l’avenir, je veux me rappeler que nous sommes des êtres de lumière et qu’il n’y a qu’une seule et unique réponse, L’AMOUR.


Wahe guru !


Nadir




Josiane, a spiritual voyage

56 years old


“There is an image that has always stayed with me. We arrived at the Quito airport at 5pm. At that time they made you go the whole length of the building, and there were stairs you had to go down. I remember descending the steps, and seeing the pink Cotopaxi, wow! AlI I really wanted to do was to bow to Earth”.


The vivid images that inhabit Josiane’s memory are like precious crystals. Each of these crystallised moments conveyed deep messages for her, important turning points, even if some were subtle. It’s with these images that she connects the dots in her life looking back. She regards it all as an extraordinary journey of the soul, complete with the moments of hardship. And she is happy, content to have found her way.


Josiane’s life started in Fribourg, in the Gruyères region. She is the eldest of four daughters, and her father had a creamery. Bathed in a very Swiss environment, nothing could have predicted the radical turn she would take in life.


The grand adventure begins


When she was 22, her friend and her started hatching a plan: they would take a year to travel. Bored and discontented with their lives, this would be great. After consideration, they chose Latin America as a destination, it would be the cheapest and besides, somebody they knew could accommodate them in Mexico. Josiane prepared this departure with great motivation, having never understood much of what she was doing in Switzerland. Honestly, she simply had no idea what she wanted in life. Europe had always felt a little restrictive to her, an old continent already shaped, what was there for her to create here? Many people she knew were thriving, why not her? At the time she didn’t quite understand this, but looking back she saw how she simply hadn’t found a way to belong.


And so, in 1985 the girls left with their music cassettes, books, clothes and sleeping bags on their backs. They arrived in Mexico 15 days after a deadly earthquake. Little did Josiane know how strongly this voyage would shake her life up. They spent their first weeks sleeping on the floor of a living room. They marvelled at the simplicity of things. They would pick up letters they received from their friends and family at every country’s embassy they were to visit, a delicious joyful moment they would always look forward to. They would spend their evenings in cosy spots to reply to the letters. They would travel in buses along with the locals who also brought along their chickens, packs, bikes and children. Never would they go anywhere without being surrounded by music and noise, nor meeting friendly people who chatted with them at every occasion. One day their transport to Brazil from Bolivia was in a freight train. The door was slid shut in their faces and they traveled in pitch black darkness for an unknown number of hours. When they came out, they themselves were covered in black dirt. In Lake Titicaca they found themselves submerged in a torrential rain, so much that when they arrived at their hotel they had to lay out even their dollars to dry.


Some countries were high in colour and culture - the temples, ruins, and the rich texture of an ancient civilisation. Some places offered their patriotism in food and music and some places were not safe, but together they managed to get through everything. Josiane wanted to go everywhere, see it all. Her heart soared especially when she met indigenous people and learned more about their culture. Walking amongst the temples of Mexico she felt the beat of remembrance. Déjà-vu here, déjà-vu there. What was this about? She didn’t understand much, only that she felt alive, that she felt like magic was all around her, and that for the first time she felt a sense of long-desired belonging.


Ecuador came to be a part of their travel after several months. All fellow travellers they had crossed paths with had promised it to be a dream. One could buy 20 bananas with one “sucre”, and it was known to be very tranquil, beautiful, easy and hospitable. They simply had to go. Many more images would mark Josiane forever. One such moment would be when she was leaving the beloved country, the pressure on her heart with unbearable, inexplicable sadness as they went around the Taita Imbabura volcano. She would understand this moment later, once she returned.


At the end of their year-long odyssey, a certain longing for home, family and routine made both girls happy to be back. Calm, pristine, silent, perfect Switzerland awaited them. On the train from the airport, the interactions were so polite, tranquil. Josiane was looking at all this and heard the voice in her head asking “Is this what you want? No, no, definitely not.”


A new home, a new love


For some time Josiane would live in Switzerland, with every intention to make her way back to Latin America. Eventually, a job in the department of international affairs sent her to Bogota. It was the last place in all of South America she wanted to go to, but she knew it could be her only chance. So she went. Waiting to board her train to the airport, her mum said “I know you are never coming back”.

She settled in Bogota, bought furniture for her new home, but quickly found that she wasn’t living the life she really wanted. She realised that she wanted to live like them, the people of Latin America.


Her travel friend came to visit her, and they once again made their way to Ecuador. They wanted to go back to Otavalo for the famous San Juan Sun celebration, on June 21. There, in the midst of the partying, she met her future husband and father of her daughters, Eduardo. They would share the next 20 years of life together. After a couple of years, they started living in a pretty little home on the coast which they called their tiny “matchbox” house. Several businesses they created would flourish including the construction of Casa Hacienda, a hotel which became popular in Otavalo. There were times of hardship, and she realised she was waiting to see just how much she could take. She was finally living the life she wanted. But the feeling of dissatisfaction never left her. Is this what life is all about? Is this all? How strange. Now what?


Tale of an awakening


One day, an eventful encounter came to stir up her life. Eduardo and her received the surprising request to reserve a room for the Che Guevara’s daughter. She wanted to have a spiritual experience with Ayahuasca, the medicinal plant of the Amazon. They obliged, and so the shaman came to guide the ceremony with her in the room. Josiane and others went to witness this intriguing event. When the shaman started serving the concoction, he asked if anybody else wanted to have some. Josiane heard herself exclaim “Yes, me!!”. And so went her first experience. Completely unprepared as she was, she entered another state. “The electric wires looked funny, and the lights, what was all that about? It was also awful. Taking the medicine is like making a pact with the devil, it will purify you beyond reason. I felt like I was drunk. But then, the shaman sang and played the harmonica, swishing the herbs around. How beautiful.” That night when she was in bed, two flashes of clarity overcame her, her life had to change. Something opened in that moment, her soul had been freed. Over the course of the next months and years, she would enter more and more deeply into the spiritual path.


Finding her way


Josiane felt like she needed more. Her marriage was falling apart, and she needed strength. She stumbled upon a Kundalini yoga event. It changed her, she saw a new way and yoga became her guiding light. She left her husband and made the changes she needed. She started waking up every day at 4am, before she continued wrestling her way through her busy days. But it was no longer a fight. This life now made sense.


For the last twelve years she has never had a day without practicing. She discovered numerous spiritual practices, including Reiki, which she now practices in her holistic therapies. The answers and solutions didn’t come tumbling in all at once, but one step at a time, she started living in the way she had always longed for. Forging her way into a spiritual life was the answer.


She feels that the last decade has allowed her to purify, forgive and elevate her life and those around hers in a way she could never have imagined. Josiane can now enter another phase, the part after the struggle and tribulations, a real life in alignment with her dedication and purpose.


Josiane, thank you for telling us your story. Listening to you felt like gathering around a wise, ancient fountain of knowledge, curled up around a fire on a starry desert night. Thank you, dear soul, for imparting us with your energy, optimism for the world and generous benevolence.


Wahe guru!


Yasmin











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© 2019, La Route de Soi par Nadir Mokdad et Yasmin Hediger